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mercredi 26 août 2009

Aller-retour new yorkais dans une enveloppe

Ce matin, en ouvrant ma boite aux lettres, j’ai trouvé une grosse enveloppe jaune postée de NY. En l’ouvrant, j’ai été happée par son contenu. Je me retrouvais en plein cœur de Greenwich village, accompagnée de Calvin, mon guide new yorkais. Le voyage postal ne faisait que commencer!

Les cerisiers étaient curieusement toujours en fleurs, et pour se mettre en jambes, nous avons décidé de prendre un café au « Café Grumpy ». Charmant endroit où l’on trouve du vrai café (si rare à NY), mais aussi où une petite touche supplémentaire créé l’originalité : la mousse du dessus forme un cœur… Aguerrie cette fois, je n’ai pas touché aux cup cakes si beaux qu’ils en sont trompeurs car sans saveur.


Quittant le banc placé devant la vitrine du café, nous avons poursuivi le chemin dans les rues de SoHo afin d’aller saluer Kee, la fabricante de chocolat. Dans sa minuscule boutique, elle était toujours souriante. J’ai acheté une boite, avec des truffes au sésame et de petits cœurs fourrés à la passion… La praline me guettait au coin de la rue! Rassasiés, nous sommes passés devant le Morimoto dans West Village, pour regarder la carte. Sa cuisine fusion sera pour une prochaine fois…que j’espère proche!

Les pas nous ont mené ensuite dans Meatpacking, l’ancien quartier des abattoirs devenu le quartier branché avec ses crochets de bouchers encore accrochés… Un bâtiment gris avec une petite entrée cachée attira l’attention de Calvin. D’un sourire mystérieux, il me fit entrer pour me faire découvrir le Buddakan… Quand, derrière une porte bétonnée, NY se transporte à Shanghai! L’espace était vaste, tout de bois et de grands fauteuils aux couleurs apaisantes… trop tôt pour un cocktail, malheureusement !


Ressortant de ce rêve oriental, un bloc nous séparait de Chelsea et de son marché couvert. A l’intérieur, cuisines italienne, japonaise, bio, chinoise se font face… une vieille histoire de West Side ! On trouve aussi des rangées de cup cakes plus originaux les uns des autres ! Et puis, à côté de la vitrine où s’activent les boulangers, se trouve « The Witch » : fabricant de chocolat, qui fait « The » brownie! Me stoppant dans ma frénésie sucrée, Calvin m’a fait trottiner jusqu’au marché bio d’Union Square avec ses fromages, ses fruits et légumes et les bobos new yorkais…

Je suis ressortie de l’enveloppe, qui était encore pleine. Dedans j’y trouvais The New Yorker, à la couverture estivale, un Edible Brooklyn (journal sur l’actualité gastronomique du quartier) et… un brownie tout au chocolat et raisins secs… de chez The Witch. Merci Calvin pour ce voyage… Je t’envoie mes amitiés accompagnées de celle de notre meilleur ami… Jean-Paul Hévin !

samedi 22 août 2009

Paris-Bruxelles... BOZAR et Marcolini


J’ai été étonnée par Bruxelles. Située au cœur de l’Europe, sa prétention internationale se fait pourtant discrète. Les rues sont typiques du Nord, que je ne connais pourtant pas: les toits des immeubles dépassent rarement les trois, quatre étages, les façades à pignon sont travaillées, les rues sont calmes. Les gaufres et autres marchands de chocolats se multiplient à l’approche des lieux touristiques. Le prix des moules frites à proximité de la place est inabordable : près d’une vingtaine d’euros… Brel avait raison d’aller chez la mère Françoise !

Mais Bruxelles est une ville attachante avec ses dénivelées à chaque coin de rue, ses bâtiments ouvragés, ses fresques de bandes dessinées et son magnifique Palais des Beaux-Arts. Ce chef d’œuvre architectural a été conçu par Victor Horta. Le lieu se dessine comme une succession de salles à la fois vastes et intimistes qui s’imbriquent géométriquement dans une clarté zénithale, mettant en valeur les œuvres exposées. Cette fois là, Sophie Calle nous racontait une histoire. Son histoire. Avec talent. J’ai été emportée et subjuguée. Et puis dans l’une des salles attenantes, je me suis prise au jeu, essayant une à une les inventions exposées à la cinémathèque. Le Palais des Beaux-Arts renferme bien des surprises que je n’ai pas fini d’explorer… les portes fermaient… trop tôt !

Palais et art… Art et palais… Le nom de Marcolini apparu blanc sur noir à un angle de rue. Depuis une semaine, je cherchais dans mes magazines, la page sur les bonnes adresses de Bruxelles ! Impossible de retrouver l’exemplaire. Marcolini bien sûr. Il était impensable de ne pas y aller. J’ai fait le tour des vitrines en m’extasiant devant les pots de confitures, de pâtes au chocolat, et les coffrets qui, tels des écrins, enfermaient des chocolats dont la beauté promettait un voyage savoureux. En entrant dans la boutique, je demandais confirmation au vendeur de la crainte qui commençait à pointer dans mon cerveau : que faire avec cette chaleur ? J’attendais une réponse miraculeuse, un espoir aussi infime soit-il qui me permettrait à de m’adonner à mon péché le plus assumé… Mais le regard gêné et la voix peu assurée de l’homme en qui je plaçais mes espérances confirmèrent mes angoisses : à moins de me goinfrer immédiatement dans la boutique, il fallait renoncer aux chocolats pour la journée. Certes, des sacs isothermes étaient prévus mais la fraîcheur ne pouvait être garantie que pour une heure. Devant mon air désappointé, il proposa de m'accommoder des contraintes calorifères en troquant les bonbons cacaotés contre une crème glacée, voire un sorbet à la fraise qu’il ne faisait que vanter. La consolation était valable, et je décidais de tenter l’expérience.


Quelques mètres plus haut sur la place, je trouvais le glacier Marcolini, qui d’un ton désolé m’apprit que le sorbet à la fraise était épuisé ! Soit ! J’optais pour le pot glacé au chocolat. La texture se tenait malgré la température. La glace était amère sans excès, savoureuse à souhait, laissant une empreinte délicieuse sur le palais, longtemps après avoir avalé la dernière cuillère. Le chocolat était si parfait que la frustration de ne pas repartir avec un coffret s’instillait durablement dans mon esprit. Je rentrais à Paris…Après tout, maintenant, Marcolini y est aussi !


Pierre Marcolini
1 Rue des Minimes
1000 Bruxelles
... et à Paris:
3 rue Scribe
75009 Paris

Palais des Beaux-Arts
Bruxelles
http://www.bozar.be/

... Il y a aussi des Vélib'....

mercredi 29 juillet 2009

Farniente à l'ombre des oliviers toscans

L’avion qui relie Paris à Pise s’est posé tout en douceur sur la piste italienne. Marco, le toscan aux lunettes de soleil et combi Volkswagen, m’attendait afin de m’acheminer vers Campo, village situé dans les alentours de Pise, au bord de l’Arno. Arrivée très tôt le matin, j’ai découvert un village qui se préparait aux festivités que se partagent le parti communiste local et le curé. Chaque maison arborait des banderoles et fanions flottant aux couleurs de l’un des quatre quartiers de Campo. Il faisait beau et j’étais en vacances.


Je profitais des joies de la Toscane, la journée avec la chaleur accablante rythmée par le café serré du matin, les promenades à vélo sur les petits chemins tracés entre les vignes aux raisins encore discrets et les oliviers à la douceur de velours. La paresse se rappelait à moi une fois installée dans un hamac, arrimé solidement à un figuier dont les fruits encore verts promettaient du plaisir à portée de bras.

Dans un sursaut de dynamisme inopiné, je suis allée rendre visite à Ardengo Armani le voisin, producteur confidentiel de l’huile locale. Ardengo, grand-père de 88 ans à l’œil pétillant et à l’allure vive, triait patiemment des haricots blancs à l’ombre de la petite église qui jouxte sa maison. Fier de son savoir-faire, Ardengo a soulevé le rideau de feuillage afin d’entrer de l’autre coté, presque à l’intérieur de l’olivier, me dévoilant le secret de la taille. Ainsi dégagé, il s’avère que le soleil pénètre plus facilement et agit d’avantage sur les fruits. L’huile d’olive est produite ici dans les règles de l’art : pas une olive tombée de l’arbre ne sera pressée avec les celles qui seront cueillies en novembre. Cette rigueur se goûte lors d’une exceptionnelle dégustation. Ardengo plonge un récipient dans l’une des deux jattes en terre cuite qu’il conserve dans son arrière cuisine et en retire une dose d’huile d’olive qu’il nous fait goûter, un peu gêné, nous expliquant que la cueillette de l’année dernière avait été un peu prématurée. L’huile arborait un jaune doré proche de la couleur du sauternes, si ce n’était l’épaisseur onctueuse du liquide. En bouche, une impression suave et légèrement amère se dégageait. Impossible d’en rapporter ne serait-ce qu’une once, Ardengo garde sa production pour lui…



Le soir venu et les cigales endormies, je me suis mêlée aux habitants du quartier afin de partager ensemble la « suppa », sorte de salade à base de pain, d’huile d’olive et de légumes. Chaque famille a sa propre recette gardée jalousement mais dont le résultat régale les tablées. La cuisine est italienne. J’ai pensé à Michel Troisgros qui évoquait la présence de la trancheuse de jambon… Ici aussi, elle était là, au milieu de la cuisine, bien visible.



Marco, Carlo et Françoise louent une jolie villa à Campo, à vingt minutes de Pise, dans la campagne entre la mer et la montagne...

vendredi 22 mai 2009

Tom's restaurant - Brooklyn



Les valises bouclées, il ne restait plus qu’à accoler le mot indissociable à un samedi matin new-yorkais : le brunch ! Pour oublier l’espace d’un moment le regret du départ imminent, le Tom’s restaurant ne pouvait pas mieux s’imposer !

Dans une des rues calmes de Brooklyn, baignée par les rayons de soleil, s’étendait la fameuse « line ». Dès onze heures, les clients serpentaient déjà de quelques mètres autour de la terrasse à la verdure abondante et quelque peu artificielle. Armées de nos lunettes de soleil, nous nous prêtions à cette mode new-yorkaise, afin de déguster LE meilleur brunch du secteur de Prospect Park. L’attente ne pouvait qu’être agréable : un ballet incessant de serveurs affables distribuait à profusion cookies faits maison, quartiers d’oranges fraîchement coupées, gigantesques verres d’eau, et autres mugs de café.

La file avançant, nos pieds heurtèrent le sol carrelé du restaurant. Soudain, c’était comme si l’espace temps disparaissait. Nous étions projetées au milieu d’une mise en scène des eighties : la salle était entièrement habillée d’une décoration kitsch. Du sol au plafond, la sobriété était la grande absente. Impossible de décrire une potentielle tapisserie, les murs étant recouverts d’extraits du menu aux couleurs fluo et de journaux faisant l’article du lieu…

Cette pagaille multicolore et généreuse reflétait l’image du propriétaire des lieux :Tom, la bouille ronde et l’œil malicieux. Il nous tendit gentiment sa spécialité : une gigantesque coupe pleine d’une crème chocolatée. Le mélange était curieux, consistant et ludique. Le secret de Tom: l’ajout d’eau pétillante dans cette crème aux oeufs.

Notre accent de grenouille dévoilé par nos remerciements, Tom se mit à héler les serveurs affairés afin de leur dire en V.O. : « ce sont mes amies françaises ». Un sourire jusqu’aux oreilles s’attaqua à notre commande. Décidément, le bonheur régnait entre les tables et se répandait ! Encouragées par cette profusion de bonne humeur, nous commandâmes les incontournables œufs Benedict accompagnés d’un toast et d’une tranche de jambon frite ainsi que des œufs pochés agrémentés de porridge. Le café allant de soi, les mugs se remplissaient à mesure que nous les délestions ! Les yeux toujours plus gros que le ventre, après nos assiettes entièrement vides, on nous déposa une assiette d’énormes pancakes aérés et moelleux, parsemés de framboises que nous ne pouvions abandonner. Repues, ce dernier repas new-yorkais nous fit pousser des ailes qui nous portèrent encore une fois sur le pont de Brooklyn. Ah ! L’Amérique… Dix jours à valser au milieu des taxis jaunes, et nous étions devenues new-yorkaises jusqu’au bout des ongles…

Tom's restaurant
782 Washington Ave.,
Brooklyn, NY,
11238at Sterling Pl.
718-636-9738

vendredi 17 avril 2009

H&H Bagels

Premier jour à New York et tant de choses à voir. L’excitation était à son comble et les choix s’avéraient déjà difficiles ! Je décidais de marcher, de partir à la découverte de cette légendaire ville et de m’imprégner du mouvement, des sonorités, des odeurs de la rue… Au bout de l’une d’elle, à l’Est de Manhattan, je découvrais, discrète, une boutique connue de tous les new-yorkais :
H&H Bagels.

Derrière le comptoir où étaient étagés, dans des compartiments translucides, des bagels aux saveurs variées, se tenait une serveuse semblant vouloir dissimuler sa fatigue derrière un large sourire. A un tenace accent français, répondit chaleureusement un accent bulgare. Ce point commun eut l’intérêt de permettre un échange. La jeune bulgare avait immigré et travaillait dur dans l’espoir d’études supérieures, transposé sur ses enfants. A travers son histoire, c’est celle des Etats-Unis qu’elle racontait, résumée ironiquement par un simple bagel.

En effet, telle une métaphore, le bagel est originaire d’Europe de l’Est. Arrivé avec les immigrants, il s’est, au fil des ans, transformé afin de devenir le bagel d’aujourd’hui. C’est un anneau de pâte levé, précédemment bouilli dans de l’eau new yorkaise afin de lui conférer le goût de l’authenticité et de lui apporter le moelleux qu’il conserve après sa cuisson au four.

Le bagel se dévore essentiellement au petit déjeuner avec une épaisse couche de cheese-cream en son milieu. Il en existe de toutes sortes : brioché, aux graines, au sésame, à l’oignon, à la cannelle…

En sortant de la boutique, je croquais dans le bagel dénommé : Everything, dont la pâte dorée à souhait et consistante était agrémentée de … tout : oignon, ail, sésame, céréales… Surprise par cette insolite combinaison, et complètement rassasiée, je me dirigeais vers le quai. Levant les yeux sur l’Hudson River, se dressait devant moi, L’Intrépide, le fameux navire de guerre français. Un autre clin d’œil du bagel ?
H&H Bagels
639 West Street/46th street
Manhattan